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Force Ouvrière de l' E.P.S.M. Val de Lys - Artois

Unité de Soins Intensifs Psychiatriques (USIP)

4 Mars 2011 , Rédigé par E. Pruvot Publié dans #Articles divers

 

 

 

Face au développement de l'offre de soins (utilisation de la chimiothérapie, mise en place des secteurs dans les années 60, développement des soins ambulatoires...) il a été nécessaire de revoir les modes d'hospitalisation et en particulier de diminuer au fil des décennies le nombre de lits d'hospitalisation complète au profit de l'extra hospitalier (Hôpitaux de jour, C.M.P., C.A.T.T.P...). En 2000, 85% de la file active était suivie en ambulatoire.

 

Les Unités pour Malades Difficiles (UMD) se voient de plus en plus sollicitées pour palier les difficultés engendrées par des patients présentant une particulière intensité des symptômes, des troubles majeurs du comportement avec parfois une dangerosité envers eux-mêmes ou autrui. Leur hospitalisation en psychiatrie générale est devenue difficile ou peu adaptée. Il apparaît que l’hospitalisation "classique" ne peut plus toujours se montrer suffisamment contenante avec un contexte de diminution des lits et des effectifs soignants et de manque de structures adaptées. Les demandes d'intégration d'UMD sont ainsi en augmentation constante sans qu’une particulière dangerosité le justifie toujours (en 2000, 34% des secteurs ont sollicité les UMD). Les UMD ne peuvent suffire à la prise en charge de ces patients en raison d’un nombre limité de places et de leurs missions spécifiques d’accueil des patients présentant un état dangereux majeur, certain ou imminent, incompatible avec leur maintien dans une unité d’hospitalisation classique. Les hospitalisations au sein des UMD nécessitent un protocole lourd et long, dans le cadre du décret du 14 mars 1986, il est précisé les conditions d'admission, de sortie et de fonctionnement de l'UMD. Un patient ne peut être transférer en UMD que s'il est hospitalisé dans le cadre d'une HO, cela nécessite l'accord de la Commission du Suivi Médical de l'UMD d'accueil, l'accord des préfets (lieu d'origine, lieu d'implantation de l'UMD) et la mobilisation d'une équipe pour assurer le transfert physique du patient.

 

Il est donc apparu nécessaire de développer des lieux d'hospitalisation intermédiaires entre la psychiatrie générale et les UMD, il a donc été pensé la création d'Unités de Soins Intensives en Psychiatrie (USIP). D'ailleurs l'idée de ces structures "intermédiaires" avait déjà été évoqué à la mise en place de la sectorisation en 1974 et de nouveau en 1987, dans le Plan de Santé Mentale "Dans chaque département, au moins une unité d'hospitalisation à temps complet doit être conçue pour recevoir, pour des séjours limités, des patients "agités et perturbateurs" dont la prise en charge est provisoirement contre indiquées dans les unités d'hospitalisation des secteurs, mais qui ne relèvent pas pour autant d'un service pour malades difficiles".[1] D'autres rapports en 1990 & 1992 ont également préconisé ce type d'alternative à l'UMD.

 

Les USIP existent depuis 2005, date où leur nom a été choisi. Mais c'est à Cadillac, en 1991, qu'une unité correspondant à son mode de fonctionnement a été ouverte, suivie par Nice en 1993 (UMAP, Unité pour Malades agités et perturbateurs). On en compte actuellement 7 réparties sur tout le territoire.

 

               USIP et unité pour malades difficiles, centre hospitalier, 89, rue Cazeaux-Cazalet, 33410 Cadillac, France

               USIP, centre hospitalier Le Vinatier, syndicat inter hospitalier de la psychiatrie du Rhône, 95, boulevard Pinel, 69677 Bron cedex, France

               USIP, hôpital Henri-Ey, établissement public de santé Perray-Vaucluse, 15, avenue de la porte de Choisy, 75013 Paris, France

               USIP, centre hospitalier Sainte-Marie, 87, avenue Joseph-Raybaud, 06009 Nice, France

               USIP, centre hospitalier des Pyrénées, 29, avenue du Général-Leclerc, 64039 Pau cedex, France

               USIP, centre hospitalier du Pays d'Eygurande, 19340 Monestier-Merlines, France

               USIP, E.P.S.M. Départemental de l'Aisne, 02320 Prémontré, France

 

Les USIP sont des unités de soins sécurisées et offrent un cadre contenant à des patients qui présentent des états de crise, des troubles majeurs du comportement qui sont difficilement pris en charge dans les services de psychiatrie générale, elles peuvent être également un relais pour une équipe en difficulté face à l'agitation et/ou troubles du comportement majeurs présentés par le patient.

 

Elles ont un recrutement intersectoriel.

Elles accueillent des hommes et des femmes, hospitalisés dans le cadre d'une HO ou d'une HDT.

Le séjour est limité à 2 mois (parfois renouvelable et limités à 2 par an). Dès l'admission, le retour doit être envisagé et un engagement est pris par le service demandeur du transfert en USIP.

Elles se doivent d'assurer la continuité des soins  avec des liens systématiques et réguliers avec le service d'origine (réunions de synthèse et d'évaluation).

1 ou 2 lits (au maximum) sont réservés à des détenus présentant une agitation importante et des troubles du comportement importants.

Leur capacité d'accueil est de 10 à 15 lits.

 

L'USIP fonctionne sous un règlement intérieur propre.

 

L'expérience et la cohésion des équipes sont les atouts majeurs de l'USIP. L'équipe est pluridisciplianire, elle doit être motivée, accompagnée et formée.

La réflexion par rapport à l'architecture des locaux est essentielle (clôture, espace suffisant avec accès à des espaces extérieurs intégrés et protégés, des chambres individuelles et sécurisées…)

 

Tout au long du séjour au sein de l'USIP, la dignité du patient doit être préservée, sa réinsertion se doit d'être travaillée parallèlement au projet de soins et l'information du patient doit être respectée.

 

 

Les USIP se veulent le chaînon manquant entre l'hospitalisation classique et l'Unité pour Malades Difficiles (UMD).

Parallèlement à la mise en place des USIP, la loi d'orientation pénitentiaire de 2002 a prévu la création d'une UHSA (Unités Hospitalières Spécialement Aménagées) permettant aux détenus souffrant de pathologies psychiatriques d'être pris en charge.

 

Sources en particulier "Les unités de soins intensifs psychiatriques (USIP) : expériences françaises et internationales", Le Bihan, Esfandi, Pagès, Thébault, Naudet, in Annales médico-psychologiques, vol 167, n°2, pp 143-147, Elsevier Masson, mars 2009.

 

PRIME DE RISQUE :

 

Les personnels exerçant dans les UMD bénéficient d'une prime de risque mensuelle (proportionnelle au temps de travail).

Cette prime n'est pas cumulable avec la prime de 1ere catégorie.

 

Un arrêté en date du 21 décembre 2000 l'a fixée à 234,89 euros.

 

La prime de risque des établissements relevant du 'Décret n°92-6 du 2 janvier 1992 portant attribution d'une indemnité forfaitaire de risque à certains agents de la fonction publique hospitalière

SMPR, Service de santé de centre pénitencier de Fresnes, dans les structures implantées dans les établissements pénitentiaires mentionnées au premier alinéa de l'article R. 711-11 du code de la santé publique, dans les structures implantées dans les établissements de santé figurant sur la liste établie par arrêté interministériel pris pour l'application de l'article R. 711-19 (2°, b) du code de la santé publique.

 

La prime est de 97,69 euros (arrêté du 21 décembre 2000).

 

Ces primes de risque (forfaitaires) ne sont pas cumulables avec la prime de 1ere catégorie.

 

L'USIP devrait donc permettre d'accéder à la prime de 97.69 euros mais comme l'USIP n'apparait pas dans les textes, ceci reste à vérifier et nous vous informerons dès que nous aurons une réponse précise.




[1] guide méthodologique de Planification de Santé Mentale, BO n°88-6bis, 15 déc 1987

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